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Rubriques à brac - Trucs à lire
Écrit par FA & Co le 14-06-2012

Peut-on voter sans lire : Les lois fondamentales de la stupidité humaine ?

Il est des semaines ou la presse, la télé, les politiques n'ont rien à dire. Il reste la lecture qui souvent nous donne les moyens d'évacuer le stress inutile tout en nous armant pour les prochaines élections. Comment évaluer l'impact de la stupidité humaine sur nos destins personnels et sur l'ensemble de la société ? Vaste question à laquelle l'historien Carlo Maria Cipolla décida en 1976 de répondre par un bref essai au ton éminemment scientifique. Au ton et seulement au ton : car derrière la rhétorique académique se cache un texte désopilant, qui ressort du genre « pseudo-scientifique ».

Diffusé en 1976 aux États-Unis sous la forme d'une édition limitée et numérotée, Les lois fondamentales de la stupidité humaine a été publié en italien en 1988 (dans un recueil générique intitulé Allegro ma non troppo), et pour la première fois dans sa langue originale, l'anglais, à l'automne 2011.

Enoncé des lois fondamentales :

1. Toujours et inévitablement, chacun d’entre nous sous-estime la quantité d’individus stupides en circulation.
2. On trouve la même proportion d’individus stupides dans tout groupe social quel qu’il soit.
3. Cet individu se définit par le fait « qu’il fait du tort à un autre ou à d’autres sans en tirer aucun avantage pour lui-même » voire pour en subir une perte.
4. Les individus qui ne sont pas stupides sous-évaluent toujours le potentiel de nocivité des personnes stupides et commettent trop souvent l’erreur majeure de traiter ou de s’associer avec elles.
5. Les gens stupides sont les personnes les plus dangereuses qui soient. La personne stupide est plus dangereuse que le bandit.

Comme tous les êtres humains, les êtres stupides varient énormément dans leur capacité à affecter leur entourage. Certains personnages stupides ne causent en général que des pertes limitées, alors que d'autres réussissent à infliger des dommages épouvantables non seulement à un ou deux individus, mais aussi à une communauté, voire à une société tout entière.

Le potentiel dévastateur des gens stupides dépend de deux facteurs principaux.

- Premièrement, le facteur génétique: certains individus héritent du gène de la stupidité à dose exceptionnelle et appartiennent ainsi par la naissance à l'élite de leur groupe.
- Le second facteur qui détermine le potentiel d'un être stupide est lié à la position de pouvoir et d'éminence qu'il occupe dans la société.

Parmi les bureaucrates, les généraux, les hommes politiques et les chefs d'État, on trouve sans peine de superbes exemples d'individus fondamentalement stupides dont la faculté de nuire est ou a été rendue beaucoup plus redoutable par la position de pouvoir qu'ils occupent ou occupaient. Et il ne faut pas oublier non plus les hauts dignitaires de l'Église.

Les êtres raisonnables se demandent souvent pourquoi et comment les gens stupides peuvent atteindre une position de pouvoir et d'éminence.

A l'ère préindustrielle, la classe et la caste étaient les structures sociales qui favorisaient la nomination régulière d'individus stupides à des positions de pouvoir dans la plupart des sociétés. La religion était un autre facteur contributif.

Dans le monde industriel moderne
, les termes et les concepts de «classe et de caste » ont été bannis, et la religion est en déclin. Mais les partis politiques et la bureaucratie se sont substitués aux classes et aux castes, et la démocratie s'est substituée à la religion.

Dans un système démocratique
, les élections générales sont un instrument tout à fait efficace pour garantir le maintien d'une fraction de stupides parmi les puissants.

N'oublions pas que, selon la Deuxième Loi fondamentale, un pourcentage des électeurs est composé d'individus stupides et que les élections leur offrent à tous à la fois une occasion formidable de nuire à tous les autres sans rien y gagner. Et c'est ce qu'ils font en contribuant au maintien de la fraction "stupide" parmi les individus au pouvoir.

Auteur : Carlo Maria Cipolla.
Edition : puf.
Prix : 7 € pour 71 pages pour décortiquer la bêtise.
» 1 Commentaire
1"A lire"
le 16-06-2012 14:46by Marie
Il est vrai qu’à ce jour le débat n’est pas tant gestion de droite ou gestion de gauche, car d’un libéralisme dit social à un néolibéralisme dit de droite, la marge est souvent faible. 
Mais bien quelle « Compétence » gouverne ? Et là, il peut y avoir d’énorme différence. 
Donc je confirme, la lecture préalable de ce livre peut parfaitement se justifier pour autant que les compétences l'emportent sur le sectarisme partisan.
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Dernière mise à jour : ( 26-01-2014 )
 
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