|
Rubriques à brac -
Trucs à lire
|
|
Écrit par FA & Co
le 16-01-2010 |
La Mer de la fertilité. La Mort comme source de vie.
Testament littéraire de Mishima, La Mer de la fertilité réunit quatre romans qui couvrent l’histoire du Japon de 1912 à 1970 sur quatre générations : Neige de printemps – Chevaux échappés – Le temple de l’aube – L’ange en décomposition. Le 25 novembre 1970, quelques heures après avoir signé et daté l’ange en décomposition, Mishima se donnait publiquement la mort, selon le rituel des samouraïs.
De Marguerite Yourcenar - « La façon dont chez Mishima les particules traditionnellement japonaises ont remonté à la surface et explosé dans sa mort font de lui... le témoin, et au sens étymologique du mot, le martyr du Japon héroïque qu'il a pour ainsi dire rejoint à contre courant ».
« Ce suicide a été, non comme le croient ceux qui n'ont jamais pensé pour eux-mêmes à telle conclusion, l'équivalent d'un flamboyant et presque facile beau geste, mais une montée exténuante vers ce que cet homme considérait, dans tous les sens du mot, comme sa fin propre ».
Conçu dès 1963, ce roman fut d'abord publié en feuilleton pendant six ans. Il emprunte aux contes japonais nombre de procédés : rêves, réincarnations, légendes mystiques, qui soutiennent le propos politique de l'auteur, obsédé par le culte du corps mâle, hanté par l'absence de réalité de la vie au profit de la mort et du suicide. D'amours impossibles en échecs et renoncements, cette œuvre est une apologie du rien, du vide, du non-sens et de l'inexistence, comme l'indique ironiquement son titre : la Mer de la fertilité est le nom d'une vaste plaine visible au centre de la Lune, en réalité un désert sans vie, sans eau et sans air…
Résumé du livre
Et pouvez-vous dire avec certitude que, tous les deux, nous nous sommes déjà rencontrés ?
- Je suis venu ici il y a soixante ans.
- La mémoire est comme un miroir fantôme. Il arrive qu'elle montre des choses trop lointaines pour qu'on les voie, et elle les montre parfois comme si elles étaient présentes.
- Mais si, dès le commencement, il n'y avait pas Kiyoaki ...' Honda tâtonnait à travers un brouillard. Cet entretien ici, avec l'abbesse, semblait à moitié un rêve. Il parlait à haute voix, comme pour recouvrer le moi qui s'éloignait comme les traces d'une haleine à la surface d'un plateau de laque. S'il n'y avait pas Kiyoaki, il n'y a pas eu non plus Isao. Il n'y eut pas Ying Chan, et - qui sait - peut-être n'y a-t-il pas eu moi.
Pour la première fois, il y avait de la force dans les yeux de l'abbesse. Cela aussi est tel que dans le cœur de chacun.
Auteur - Mishima
Editeur - Quarto – Gallimard
Prix - 25 euros - 1204 pages
» Aucun commentaire
Aucun nouveau commentaire.
» Commenter
|
|
Dernière mise à jour : ( 27-01-2010 )
|