Extrait : Un bon courtisan ne doit jamais avoir d’avis, il ne doit avoir que celui de son maître ou du ministre, et sa sagacité doit toujours le lui faire pressentir ; ce qui suppose une expérience consommée et une connaissance profonde du cœur humain. Un bon courtisan ne doit jamais avoir raison, il ne lui est point permis d’avoir plus d’esprit que son maître ou que le distributeur de ses grâces, il doit bien savoir que le Souverain et l’homme en place ne peuvent jamais se tromper.
Le courtisan bien élevé doit avoir l’estomac assez fort pour digérer tous les affronts que son maître veut bien lui faire….
Il est de ces Hommes, toujours d’actualité, qui disparaissent des livres d'histoire et qui pourtant ont aussi construit notre Histoire.
Paul Henri Dietrich, philosophe français d’origine allemande, né le 8 décembre 1723 à Eidesheim au Palatinat.
Il héritera du titre de baron et d’une grande fortune.
Durant ses jeunes années parisiennes, il apprend le français et, en 1744, il entreprend des études à Leyde aux Pays-Bas. Sa formation en sciences naturelles lui permet de collaborer à l’Encyclopédie par la rédaction d’articles de chimie et de minéralogie. Pendant quinze ans, il a travaillé à cette œuvre monumentale avec Diderot qu’il prend sous sa protection devant le roi et soutient financièrement. Il décéde le 21 janvier 1789 à Paris.
Holbach est célèbre pour son mécénat clandestin à l’égard des philosophes des Lumières. Dans son salon de la rue Royale, place Saint-Roch, il reçoit notamment Rousseau, Diderot, d’Alembert, Buffon et Helvétius, la liberté d’expression y est totale.
A la suite d'un arrêt de la Cour du Parlement de Paris du 10 janvier 1774, Le Bon sens fut lacéré et brulé sur les marches du Palais de Justice de Paris le 12 janvier de la même année, en même temps que De l'Homme, écrit par d'Helvétius et publié à titre posthume l'année précédente.
La chronologie d'une partie de ses œuvres:
Le christianisme dévoilé (1767), La contagion sacrée (1767), Le militaire philosophe (1767), Théologie portative (1767), L’esprit du clergé (1767), Histoire critique de Jésus-Christ (1770), Système de la nature (1770), Essai sur les préjugés (1770), Système social (1773), La morale universelle (1776), Ethocratie ou le gouvernement fondé sur la morale (1776).
Le baron s’est marié une première fois à une cousine Basile-Geneviève Suzanne d’Aisne morte très jeune (1754) dont il a eu un garçon. Sa seconde épouse fut la sœur de la première Charlotte Suzanne d’Aisne (1734-1814) qui a mis au monde et élevé trois enfants dont un garçon et des jumelles.